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S.A.S.

programme structure d'accompagnement vers la sortie: 90 chambres, salles de formation, salles de sport, cuisines, bureaux, accueil des familles

lieu Caen, France

client Agence Publique pour l'Immobilier de la Justice (APIJ)

architectes Heros Architecture + Fabienne Bulle architecte & associés

entreprise CMEG

surface 4 670 m2

budget 15 475 000 eur ht

mission concours conception-réalisation

date 2019

crédits © Heros architecture et Yam studio

 

C’est un nouveau regard sur l’univers carcéral que la Structure d’Accompagnement vers la Sortie (SAS) de Caen doit porter. Un regard qui doit conforter les personnes détenues dans l’acquisition de leur autonomie, dans la réappropriation d’un savoir-vivre ensemble dans la société civile pour in fine, porter leur espoir d’une imminente réintégration positive. C’est sur le site du centre pénitentiaire de la Maladrerie qui a incontestablement écrit un chapitre marquant de l’histoire urbaine de la ville, sur une parcelle inscrite en limite de ses équipements sportifs et qui semble prolonger le tracé des jardins de la maison du directeur, en lien avec le Quartier de Semi-Liberté existant que se construit le SAS.

 

La façade du SAS s’écrit avec grande noblesse pour effacer le caractère sécuritaire du programme, au profit du caractère urbain souhaité. Des « pilastres » de béton texturé, faisant référence à la pierre de Caen, rythment sa linéarité et lèguent une image institutionnelle d’équipement public. Depuis le cœur de site, c’est une même noblesse qui s’exprime. Les pilastres poursuivent leur course au même rythme, enveloppant les contours d’un bâti ici fragmenté et enrichi, en des points stratégiques, d’articulation, de patios, circulation sous verrière et « passage », favorisant des percées visuelles choisies, pour guider les pas des uns dans une démarche dynamique et prospective, et les regards scrutateurs des autres dans une démarche posée et bienveillante. Depuis le mur d’enceinte qui définit la limite entre deux univers, entre un temps qui s’écoule sans fin et un temps compté, ce sont des pleins et des vides qui s’enchaînent et se superposent. Des pleins, pour des logis, qui s’empilent avec une inflexible répétitivité, se manifestent en une matière fabriquée ; des vides, pour des cours de promenades, qui se construisent, libérés d’une usuelle géométrie et contenus par une épaisseur de pierres récupérés in situ . Des pleins et des vides qui chahutent les idées préconçues et étriquées, qui ouvrent les esprits, nourrissent l’imaginaire.

 

 

Es una nueva mirada al mundo carcelario que debe adoptar la Estructura de Acompañamiento a la Salida (SAS) de Caen. Una visión que debe apoyar a las personas detenidas en la adquisición de su autonomía, en la reapropiación de un modo de vida colectivo en la sociedad civil para, in fine, consolidar su esperanza de una inminente reintegración positiva. El SAS se construye en el emplazamiento de la cárcel de la Maladrerie, que sin duda ha escrito un capítulo importante de la historia urbana de la ciudad, en un terreno que limita con sus instalaciones deportivas y que parece continuar el trazado de los jardines de la casa del director, en contacto directo con el Centro de Semi-Libertad existente.

 

La fachada del SAS se escribe con gran nobleza para borrar el carácter represivo del programa, a favor del carácter urbano deseado. Las "pilastras" de hormigón texturizado, que hacen referencia a la piedra de Caen, dan ritmo a su linealidad y dejan una imagen institucional de equipamiento público. Desde el interior de la terreno, es la misma nobleza la que se expresa. Las pilastras prosiguen su curso, envolviendo los contornos de un edificio fragmentado y enriquecido, en puntos estratégicos, de articulación, patios, circulación bajo vidriera y "pasaje", favoreciendo las conexiones visuales elegidas, para guiar los pasos de unos en un enfoque dinámico y prospectivo, y las miradas escrutadoras de otros en un enfoque sereno y benevolente. Desde el muro perimetral que define el límite entre dos universos, entre un tiempo infinito y un tiempo limitado, llenos y vacíos se suceden y se superponen. Llenos, para las viviendas, que se apilan con una repetitividad inflexible y se manifiestan en un material prefabricado; vacíos, para los patios, liberados de una geometría habitual y contenidos por un espesor de piedras recuperadas in situ. Llenos y vacíos que cuestionan las ideas preconcebidas y encorsetadas, que abren las mentes, alimentan la imaginación.